Voyager avec des enfants

NMINomade in : le voyageVoyager avec des enfants

Plus on voyage plus on se rend compte que l’important n’est pas la distance mais la manière de voyager.

Voyage en famille

Et nous en avons testé différentes techniques et multiples statuts de voyageurs : du voyage scolaire tout organisé, au road trip en colo en tant qu’animateur, parfois en groupe d’amis, parfois seuls avec notre sac à dos et nos pouces, en passant par les projets de solidarité internationale, pour finir par vivre la bascule de l’aventure à la programmation et réflexion sécuritaire en tant que jeunes parents.

Cependant la vadrouille est toujours là faisant tomber la fameuse étiquette : « Tu verras quand tu auras des enfants, tu ne pourras plus bouger ! »

Certes des choses ont changées et changent encore. Avec notre premier trésor, nous prévoyions les excursions plusieurs semaines à l’avance. Veillant à ce qu’elle ne manque de rien : table à langer, lit parapluie, médicaments au cas où,…. Nous partions un week-end au départ puis 1 semaine (ouf là c’était vraiment la grande aventure!). Nous nous méfiions toujours des trajets et de l’éloignement de notre QG français car on ne sait jamais avec un bébé. Et puis le goût de la découverte nous a peu à peu amené à braver les énoooormes dangers et ne pas prêter attention à l’avertissement donné par ce fameux dicton. Et aujourd’hui c’est deux petits no-mades blondinets que nous embarquons dans nos expéditions. Désormais nous vivons au rythme du slow-travel de locations longues durées en wwoofing, garde de maisons ou couchsurfing.

Prendre le temps de voir, partager, vivre l’instant, la rencontre voilà ce qui est devenu important.

Nous repensons aujourd’hui à ce deuxième proverbe qui résonne plus en nous « les voyages forment la jeunesse ! ». Il est temps de nous poser et d’observer nos expériences et de voir en quoi elles nous ont formés et participent à l’éducation de nos enfants. Peut-on mieux penser la manière de voyager ?

En quoi ces expériences riches et variées ont-elles contribué à nous former ?

Étant jeunes et fougueux, nous nous moquions de ces touristes en bikini en plein pays musulmans, épaules rougis par le soleil ou ces bus asiatiques qui s’arrêtaient 2 minutes devant tous les monuments d’une ville dans le but d’amasser le maximum de souvenirs photographiques. Nous rigolons toujours lorsque nous assistons à des séances photos souvenirs très posées et pensées. Quel souvenir de l’instant la fameuse image retranscrira-t-elle ?

Je me suis longtemps insurgée contre les touristes de masse qui posent leurs valises dans des hôtels de luxe, enfilant vite leur maillot pour profiter de la piscine ou la plage privée de cet hôtel dit traditionnel. Bien qu’aujourd’hui, jeune maman exténuée je commence à comprendre et peut-être même à rêver d’une trêve de ce genre.

Et pourtant, nous sommes nous aussi partis « Routard » à la main dans une course folle aux visites. Feuilletant le fameux livret, cochant les monuments rencontrés pour éviter de passer à côté de LA découverte de notre vie. Entre nous soit dit toujours en mode pirate, il ne faut pas exagérer, nous notions donc studieusement les bons plans et jours de gratuité. Et oui, en plus de se révéler vide de sens, cette chevauchée infernale est nuisible au budget et au rythme des enfants. Bref cela ne profitait pas voire desservait l’éducation bienveillante que nous cherchions à donner à nos enfants.

Puis nous avons ressenti ce que nous appelons le « symptôme de Louxor ».

Nombreux hiéroglyphes

Quiconque visite Louxor s’extasie devant les hiéroglyphes recouvrant chaque colonne de chaque temple. Quelles merveilles, quelle chance de pouvoir observer, essayer de décrypter les messages d’un peuple illustre aux savoirs et compétences immenses. L’histoire nous rattrape, nous émerveille, nous fait tourner la tête. Mais à Louxor, il y a une quantité incroyable de temples, démontrant ainsi la majesté de cette ville. Il y a donc une quantité phénoménale de colonnes et surtout surtout une quantité incommensurable de hiéroglyphes. Et au final, nous passons de l’émerveillement à la lassitude.

A chaque fois que nous avons voyagé de manière « très touristique », à savoir visites classiques de monuments historiques, nous avons ressenti ce symptôme : un sentiment de déjà vu, oui c’est beau mais…., bof….. Lors de notre dernier périple en Andalousie et au Portugal, nous nous sommes posés cette question : « Sommes-nous blasés, lassés des voyages ? ». C’est pourquoi, nous avons souhaité nous pencher sur ces voyages qui ont réellement marqués notre existence. Pourquoi certains séjours nous sont plus précieux que d’autres ? Qu’ont-ils eu de si particulier ?

Quelle est l’essence même de l’odyssée, non pas celle d’Homère celle que chacun d’entre nous est libre d’entreprendre ?

Libre, c’est bien cela le mot. Je pense que chacun doit trouver/créer sa route et son style. Il n’est pas question d’imposer un type de voyage à tout à chacun comme la plupart des agences le proposent. Cette observation de notre vécu, nous a permis de mettre le doigt sur ce qui anime vraiment nos séjours. De quoi nous rappelons-nous, qu’est-ce qui nous ramènerait dans tel ou tel pays ?

Et nous avons vu que nous sommes bien français. En tant que bons franchouillards, nous ramenons dans nos têtes des souvenirs gustatifs.

Dessert offert

Nous rêvons de retourner en Égypte boire un jus de citron vert, en Tunisie un thé aux pignons, au Népal manger des momos, les pitas grecques, plus gourmands les brigadeiros brésiliens, moins tropicale les kouin aman bretons…. Même si les dégustations sont parfois étonnantes, déroutantes voire dégoûtante. Nous nous rappellerons toujours du plat d’accueil en Tunisie des tripes de moutons en sauce, TRADITIONNEL et nous en demandions du traditionnel, nous avons donc atterri dans un petit bouiboui pour manger le méchoui local. En nous installant à notre table de fortune, nous nous émerveillions du paysage désertique et jouions avec ce petit mouton en attendant que le serveur vienne prendre notre commande. Vous devinez la suite, nous nous ne l’avions pas vu venir. Il était tout mimi ce petit mouton. Et c’est bien à côté de nous qu’ils l’ont dépecé de manière très traditionnelle pour le coup. De quoi nous couper l’appétit. Comme quoi même les plats et modes de préparation repoussants ont marqué nos séjours.

C’est pourquoi à chaque retour en France, nous partageons nos découvertes culinaires en concoctant des « bons » (on essaie du moins) petits plats que les autochtones nous ont appris à faire (non nous n’avons pas dépecé de moutons, faut pas exagéré).

Et au final c’est ça l’essence de NOS voyages. Le partage avec les locaux.

Rencontre au sommet de la montagne au soleil couchant

Nos souvenirs les plus marquants ne sont pas les multiples poses faites devant les pyramides, les palais andalous, les temples grecs, les plages brésiliennes, les châteaux anglais… bien sûr nous sommes heureux d’avoir eu la chance de les voir, de ressentir l’Histoire de ces lieux et nous trouvons qu’il est tout de même important de sensibiliser nos enfants à cela, d’autant que nous pratiquons l’instruction en famille. Mais ce qui transforme un séjour touristique banal en expérience marquante et riche, pour les enfants c’est le nombre de parcs de jeux et de copains s’y trouvant et pour nous c’est bien le partage avec les habitants. Les sourires et expériences des enfants des rues du Caire nous animeront toute notre vie, les amis gozitains que nous avons eu du mal à laisser, les soirées dansantes improvisées dans les échoppes au Sinaï, les tables et cuillères se transformant en percussions en Algérie, les discussions mi-espagnoles mi-anglaises sur le bord d’un comptoir à Séville, les sorties entre étudiants venus du monde entier en Irlande ….

Nous aimons nous imprégner de l’esprit de la vie locale, apprendre les savoirs-faire, cuisiner, partager, rire, vivre ensemble et débattre des idées pour mieux comprendre les modes et choix de vie. Et c’est en cela que nous pensons que les voyages forment la jeunesse mais pas seulement la jeunesse. Les voyages forment l’esprit. Ils l’ouvrent, ils nous transforment, ils combattent les préjugés et les peurs de l’autre et par voie de conséquence luttent contre le racisme.

Nous avons été abasourdis d’une remarque faite par l’ancienne nounou de notre fille. Celle-ci avait accueillie un collègue noir de son mari l’après-midi. Le soir, elle nous informe de la situation et nous dit fait part de son étonnement « votre fille n’a même pas eu peur ! » Pourquoi aurait-elle dû avoir peur ? Nous pensons réellement que c’est la méconnaissance et la désinformation que la société met en place qui créent la crainte.

Nos enfants ne vont pas à l’école certes mais ils voyagent, ils rencontrent beaucoup de personnes d’âges, de styles, d’origines différentes, ils s’imprègnent de toutes cette diversité et apprennent naturellement à accepter l’autre tel qu’il est sans le juger.

Il va de soit que les voyages permettent également d’apprendre de nouvelles langues. Nos enfants, même s’ils ne parlent pas couramment l’espagnol, l’anglais…. montrent une sensibilité aux sons et une facilité à enregistrer les mots. Notre fille met de naturellement de nombreuses stratégies en place de comparaison de sons, langue…. Et arrive à deviner le sens de phrases facilement. Nous nous émerveillons de cet effort cérébral que l’on arrive difficilement à développer sur les bancs de l’école.

Mais nous avons surtout appris que tous les modes de voyages ne permettent pas combler ce besoin de réelles rencontres, pas les rencontres trafiquées et imposées de certaines agences peu scrupuleuses. Les séjours les plus riches en rencontres ont été des projets de solidarité internationale menés avec les populations locales.

Comment allier aujourd’hui ce besoin à notre nouveau statut de parents voyageurs ?

Lorsque nous nous sommes lancés dans une vie nomade, nous voulions partir en camping-car. Les prix de ceux-ci nous refroidis. Les vans aménagés quant à eux ne permettent pas de combler le besoin d’espace que nous ressentions. Nous sommes donc partis en voiture pour un slow travel et avons fait le choix de louer des appartements pour un mois à chaque étape. Nous nous sommes alors rendu compte que ce mode de logement permettait de vivre notre vie de famille de manière « transplantée », à savoir à la française (on ne change rien) mais à l’étranger. Pratique dans un premier temps car nous avions besoin de nous retrouver. Le choix de passer un mois dans le logement nous permettait de bénéficier de tarif avantageux.

Mais la durée était assez longue pour trouver des habitudes de vie, lier quelques connaissances mais pas de s’imprégner réellement de la culture et des traditions. Et souvent il nous arrivait de rencontrer des personnes avec qui nous aurions aimer passer plus de temps la veille du départ. Rageant.

Là encore, les choses changent, nous testons, cherchons et découvrons petit à petit une nouvelle solidarité dans le voyage entre nomades, entre unschoolers, worldschoolers, iefeurs. Différentes voies qui s’ouvrent à nous, que nous n’osions pas imaginer il y a quelques temps. Nous pensions être débrouillards, des « pros du voyage » comme certains de nos amis nous appellent, des « greens greens » pour d’autres. Notre expédition nous montre que nous n’avons jamais fini de découvrir, d’apprendre, nous ne sommes jamais au sommet de la débrouillardise, de l’adaptabilité, de la formation. Nous nous rendons de plus en plus compte que la vie est pleine de surprises, chacune est une pièce d’un puzzle, il nous reste à en découvrir l’image. Une image qui se construit petit à petit mais qui s’invente aussi au gré de nos envies.

Le voyage forme bien la jeunesse oui mais il forme surtout l’esprit, l’état d’esprit et si on accepte d’embarquer, de se laisser embarquer il nous mène vers des chemins inconnus pleins de surprises, d’imprévus souvent qui formeront les anecdotes qui resteront ancrés dans notre mémoire et qui feront rire les petits enfants (à condition d’avoir une mémoire clin d’œil à mon mari).

Ils ouvrent des champs d’horizons, des perspectives d’apprentissages, de partage tout en inculquant le respect des autres, de leur culture par la connaissance.

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